La Wallonie se met aux nus

Bien développé dans les pays limitrophes, le naturisme est à la traîne chez nous. En Wallonie, Paul Furlan entend bien donner un coup de fouet au secteur.
En Allemagne, ils sont environ 20 millions. En France, 5,5 millions et en Hollande, deux millions. Eux, ce sont les adeptes du naturisme, un phénomène plutôt en vogue dans nos pays voisins. Et chez nous?  « Nous avons en réalité 10 ans de retard sur le sujet », assène le ministre régional en charge du tourisme, Paul Furlan.
Un chiffre: 15 000. Soit le nombre d'affiliés à la Fédération belge de naturisme (FBN). « Auxquels il faut encore ajouter tous les pratiquants non affiliés. Quoi qu'il en soit, c'est un chiffre très en deçà de ceux observés dans les pays limitrophes."
Et encore, la pratique du naturisme n'est pas uniforme dans notre pays. Les centres aqualudiques et de wellness (bien-être) se situent principalement dans les régions bruxelloise et anversoises, sans oublier Bredene, sur la côte. En Wallonie en revanche les possibilités offertes aux naturistes se comptent sur les doigts d'une (petite) main: « trois centres en plein air et une partie «non textile» aux thermes de. Spa.»
Un constat que déplore le ministre Paul Furlan qui entend bien donner un coup de fouet à un secteur pourtant jugé porteur. « Il y a une demande, c'est établi. Chez nous, et dans les pays voisins. Mais les offres sont trop faibles pour répondre aux demandes belges, hollandaises et allemandes principalement. Sans oublier les retombées directes et indirectes non négligeables en terme d'emploi et de revenus. »
Voilà pour le constat. Reste à présent à se retrousser les manches et agir. Oui, mais comment, sachant aussi que le climat belge n'est pas celui de l'Espagne?
Le développement du naturisme repose sur plusieurs axes. Si la Wallonie veut rattraper son retard sur le sujet, il faut investir, via des partenariats public-privé, des centres ouverts/couverts de qualité près des grandes villes. Les centres actuels peuvent également être adaptés, et il serait utile de prévoir un nombre limité de sites naturistes en plein air, en complément à ceux déjà existants.
Voila sur le papier. En pratique, on en est à la création d'un groupe de travail spécifique devrait travailler en concert avec la Fédération belge de Naturisme, entre autres. Objets : délimiter les zones susceptibles d'accueillir des de naturiste, mais aussi des investisseurs. « Et ce sont déjà déclarés intéressés." dira Paul Furlan. Mais les premières concrétisations ne devraient voir le jour que dans deux ans. En  attendant, les 1 850 hectare des lacs de l'Eau d'Heu pourraient déjà accueillir un projet pilote.

("Vers l'Avenir" 22/05/2010)