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Bermudas, bikini, une pièce, aucune... Question
de goût ? Pas toujours. Sur le sable de Villeneuve-lès-Maguelone, le
port d’au moins un bout de tissu en guise de maillot de bain est
assuré par les forces de l’ordre.
La plage du Pilou, mixte jusqu’à l’été dernier, a vu ainsi réduite
sa zone naturiste à une bande longue de 1 500 mètres. La plus
transitée. Les explications d’une telle mesure ? La proximité du
centre de loisirs et l’arrivée, à cet endroit même, des familles
avec le petit train. Ce sont les raisons avancées par la
municipalité pour interdire le naturisme sur cette frange de la
côte. La petite pièce de lycra étant garante d’un comportement
décent, désormais, un panneau marque l’interdiction du nudisme.
Pour les sauveteurs du Pilou, la zone concernée, l’arrêté est loin
d’avoir changé radicalement les comportements : « Une sorte d’accord
tacite établissait déjà que les familles et les naturistes ne
venaient pas sur la plage au même moment. »
Nicolas, gérant du Pilou et responsable de la paillote, confirme : «
Si des nudistes passent, c’est tôt le matin ou tard le soir. » Les
sauveteurs informent sur l’arrêté si cela est nécessaire : « Ça nous
arrive environ une fois par semaine », révèle Valentin. Ce sont donc
les "textiles" qui gagnent du terrain. Les naturistes devant
s’installer soit dans la zone de baignade non surveillée, plus à
l’ouest, soit sur une petite frange de côte.
« Nous n’avons pas envie d’être les uns sur les autres », sourit
Nathalie. Elle a choisi un secteur peu fréquenté pour bronzer en
couple… Jusqu’à l’arrivée des policiers municipaux. Leur coin de
sable se situe à quelques centaines de mètres de la zone autorisée
aux naturistes mais sur la partie textile. « Les agents nous ont
informés. Cela ne nous pose aucun problème de remettre nos maillots,
assure la jeune femme. À notre avis, les scooters de mer portent
plus atteinte à la tranquillité de la plage. Or, rien n’est fait
pour ça... »
Le gérant du Pilou, lui, pointe également du doigt d’autres soucis :
« Beaucoup de chiens sont promenés au bord de l’eau et personne ne
ramasse les déjections. Le soir, il y a aussi des feux ; le
lendemain, on retrouve des branches d’arbre coupées... Les lieux ne
sont pas nettoyés », déplore-t-il.
Diana ALFONSO |