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L'article qui suit
est extrait d'un article paru dans "Internetactu" du 12 mars 20009
intitulé "La vie privée, un problème de vieux con ?" et signé Jean-Marc
Manach : "Sommes-nous aussi coincés et procéduriers au regard de
notre vie privée que la société de nos grands-parents l’était en matière
de sexualité ? Dit autrement : assiste-t-on aux prémices d’un
bouleversement similaire, d’un point de vue identitaire, à celui de la
révolution sexuelle ?"
Nous en extrayons la partie consacrée au naturisme.
Tous “à poil” sur le
Net ?
Olivier Auber, volontiers provocateur, lançait pour sa part, l’an passé,
et un peu à la manière de certaines communautés des années 70, un Club
des naturistes numériques sur Facebook :
“A poil sur l’Internet, et de manière militante ! C’est l’Internet qui
doit s’adapter à notre condition naturelle, pas l’inverse. A quoi sert
la nature si l’on ne peut pas aller y batifoler à son aise ? A quoi sert
le réseau si l’on ne peut pas y apprendre et rêver sans menaces (celles
de la surveillance généralisée, du marketing, du regard d’autrui) ? Les
naturistes numériques n’entendent rien protéger de leur intimité
physique ou numérique. Ils veulent nager nu et librement dans
l’immensité du réseau. Il veulent ressentir chaque vibration de la toile
sans filtre et sans peur.”
A ceci près que le problème des naturistes, ce n’est pas d’être nu, mais
la façon qu’ont certains de les regarder, notamment ceux qui restent
habillés. Nombreux sont ceux qui, utilisant des espaces protégés des
regards extérieurs (communautés virtuelles semi-fermées, profils
Facebook à accès restreint, etc.) s’ébattent depuis longtemps sur le
Net, en toute liberté, et y échangent photos, vidéos et messages persos
sans craindre de les voir exposés au tout venant.
Mais plus nombreux encore sont ceux qui s’épanchent sans se protéger,
s’exposant au risque de se voir licenciés, non recrutés ou humiliés pour
des propos ou photos considérés, à tort ou à raison, comme déplacés.
Le naturisme se définit comme “une manière de vivre en harmonie avec la
nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun, ayant pour
but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de
l’environnement“.
La notion de respect de l’autre, et de soi-même, est fondamentale. Or,
confrontée à un regard extérieur, non préparé, non conscient des enjeux,
et des règles, qui prévalent en la matière, la nudité peut choquer, ou
être détournée de son objet initial.
Le chapitre intitulé “Little Brother is watching you” du recueil sur La
sécurité de l’individu numérisé revient ainsi sur le débat qui a suivi
la mise en ligne des salaires et déclarations fiscales des Suédois :
“Nous avons conclu que la qualité des informations est aussi reliée à la
qualité de la lecture. Le fait de rendre accessible à tous des
informations personnelles sans une vérification raisonnable de la
qualité est dangereux : des individus peuvent être mal représentés et il
n’existe pas d’assurance que les récepteurs de la (dés)information
soient suffisamment compétents pour effectuer des jugements judicieux.”
De même que le naturisme n’est pas une incitation au voyeurisme, mais
une liberté que certains, dans des espaces-temps bien précis (chez eux
ou dans des “clubs” prévus à cet effet essentiellement), font le choix
de vivre et d’assumer, et que l’on ne saurait contraindre tout un chacun
à vivre nu, en tout lieu et tout le temps, la transparence devrait
rester un droit, une possibilité, pas une obligation, encore moins une
contrainte. C’est non seulement une atteinte à l’intimité, mais cela
peut aussi être vécu comme une provocation par ceux qui se contentent de
regarder, et une humiliation par ceux qui se retrouvent ainsi “mis à nu”
par des étrangers.
L'article complet sur :
www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons
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