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Lu dans "Le Vif/L'Express" du 11 août 2006.
Béatrice est orgueilleuse. Ses bras déformés, ses
cicatrices accumulées, elle les a longtemps cachés sous des foulards,
des chapeaux excentriques, des manches longues de robes extravagantes.
Bouffie sous l'effet de la cortisone, elle a supporté les réflexions
malsaines ou insidieuses : "Vous attendez un heureux événement ?"
Les gens jugent; sans savoir et sans complaisance, remarque-t-elle.
Un récent été, dans un camp de naturistes où des amis ont finalement
réussi à la conduire, l'indifférence des regards a mis fin à ses gênes.
La réflexion de sa fille aînée, alors en 4e primaire, n'y avait pas
suffi : la fillette refusait de réaliser le cadeau prévu pour la fête
des Mères. En revanche, elle voulait décorer un miroir. Et confia à son
instituteur : "C'est pour que maman voie comme elle est belle."
Beau témoignage, non ?
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