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Tamier : Un camping dédié dans les Hautes-Alpes |
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Tout nus. À Tamier, la nudité c'est la règle pour tous les campeurs. Michel Estardier, le patron du seul camping naturiste des Hautes-Alpes, est là pour la faire respecter. « Il y a des campings qui acceptent les "textiles" (ceux qui portent des vêtements, ndlr) ; chez moi je n'accepte pas qu'un adulte soit habillé. » Les Hollandais en force Attention, les naturistes ne sont pas sectaires, et la règle connaît des exceptions. Dictées par le bon sens : le froid ou le mauvais coup de soleil justifient le vêtement. Pas question non plus d'aller faire une course à Rosans ou de faire du débroussaillage dans la tenue d'Adam et Ève. « Le vêtement, c'est une protection. Si on n'a pas besoin de protection, on ne s'habille pas » professe Michel Estardier. Il existe en outre « une petite tolérance vis-à-vis des adolescents qui peuvent être gênés dans leur corps ». À part cela, de gêne il n'y a pas. Filles et garçons, hommes et femmes, des tout-petits aux personnes âgées, tout le monde se promène dans le plus simple appareil et le plus naturellement du monde. Le site est magnifique, à deux pas de la Drôme provençale. Doté d'une belle piscine et de nombreuses commodités, il arbore trois étoiles et le rigoureux label "camping qualité". « Au début, on nous prenait pour des doux dingues » 80 % des clients de Tamier sont étrangers, en grande majorité des Hollandais. « Sans eux, je ferme » résume le propriétaire, dont les connaissances en néerlandais sont bien utiles. La minorité française vient essentiellement des Hautes-Alpes, de l'Isère, de la Savoie et des Bouches-du-Rhône. Globalement, les campeurs sont des gens aisés. Le camping de Tamier fête cette année ses 20 ans. En 1975, Michel Estardier avait acheté une vieille bergerie en ruines. Quatre ans et beaucoup de sueur plus tard, le camping ouvrait. Qu'il soit destiné aux naturistes était une évidence pour Michel, lui-même pratiquant depuis 1967. « Ici, vous êtes comme vous êtes, on s'en fiche ! » « Au début, les gens nous prenaient pour de doux dingues, se souvient-il. Ils se disaient : "Qu'est-ce qu'il doit se passer, là-bas..." Et au bout d'un an ou deux, ils ont vu qu'on était des gens normaux, qu'ici ce n'était pas un bordel, et on a été très bien acceptés. » L'aspect financier a aussi joué : 150 à 200 vacanciers à la fois en pleine saison, voilà qui plaît aux commerçants de Rosans et alentour. Le naturisme, pour Michel Estardier, « c'est une sorte de philosophie ». « Les naturistes sont pour la plupart des gens beaucoup plus respectueux de la nature, des autres, de la forme de votre corps. Une personne forte m'a encore dit récemment : "C'est le seul endroit où je peux aller, ailleurs sur une plage, on vous regarde, on se moque de vous." Ici vous êtes comme vous êtes, on s'en fiche ! » À Tamier, pas de mégot par terre, pas de papier gras, pas de regard déplacé - sans quoi le patron sévit : « La "tenue correcte" est indispensable ! »
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