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Sur les sentiers
suisses, ce type de promeneurs peut être croisé. Vendredi, deux
naturistes ont été surpris sur un sentier enneigé du canton de
Saint-Gall. Quel est donc cet engouement pour la randonnue ?
Mais quel plaisir peut-on éprouver à se faire lacérer les jambes par des
ronces, se faire assaillir par les moustiques et avoir le dos qui
démange à cause d'un imposant sac de randonnée? « Eh bien, figurez-vous,
il existe des sacs à dos spéciaux, qui ne grattent pas, répond en riant
le Veveysan Ivan-Pierre Moser. Ils sont molletonnés. »
Adepte du naturisme depuis de nombreuses années, il a décidé de prendre
sa retraite aux Canaries avec son épouse. «En Espagne, la Constitution
permet de se balader tout nu sur l'entier du territoire. Nous allons
régulièrement faire des marches en montagne. Ou alors du camping dans la
forêt. Et nous ne rencontrons aucun problème. La police ne peut pas nous
amender ou alors nous faisons recours.» Pour lui, être nu ou ne pas être
nu, c'est une question de «mentalité»: « Nous aimons la nature. La
nudité donne un sentiment de grande liberté. Et puis nous ne sommes pas
nés tout habillés!» Quant aux piqûres d'insectes, l'expérience a
confirmé son inclinaison naturiste: «La seule fois où j'ai été piqué par
une guêpe, c'est parce qu'elle s'était glissée dans mon pantalon ! »
«A vrai dire, c'est tellement naturel que ça se passe de commentaire»,
explique le sexagénaire à l'autre bout du fil. Depuis sa terrasse, nu
comme un ver, il se permet de gentiment critiquer certaines attitudes «
coincées » à l'égard de ses pairs. « Mais, attention, il ne s'agit pas
du tout de provoquer. Beaucoup font leurs randonnées tôt le matin, pour
éviter de choquer d'autres promeneurs. Il faut vraiment aller en pleine
nature, là où on ne dérange personne. »
« Pas du tout courant »
Difficile cependant de trouver des endroits vierges de tout randonneur
«textile», comme sont parfois surnommés les marcheurs traditionnels
engoncés dans leurs tenues gore-tex. Ainsi, du côté de Saint-Gall, un
couple ne s'est toujours pas remis de son aventure de vendredi dernier,
rapporte le Tages-Anzeiger. Alors qu'ils grimpaient sur un sentier
enneigé de la chaîne des Churfirsten, ils se sont vu adresser un «
bonjour » tout à fait courtois par deux hommes dans leur plus simple
appareil.
« Ce n'est pas du tout courant, rassure la police cantonale. C'était le
premier cas et il n'y a pas lieu de s'inquiéter », explique un
porte-parole. Appenzell Rhodes-Intérieures n'affiche en revanche pas la
même sérénité. Le canton souhaite amender de 200 francs les adeptes de
la «randonnue». La loi doit passer devant la Landsgemeinde le 26 avril.
Les naturistes romands sont dubitatifs
La pratique de la randonnue, soit se balader tout nu dans la nature, ne
fait pas que des adeptes. Chez les Romands, la pratique serait plutôt
inexistante, comme l'explique Stéphane Cuendet, responsable du Camping
Club Léman, à Préverenges, qui accueille 300 membres. «Je n'étais même
pas au courant de cette tendance, avoue-t-il. En Suisse c'est interdit
de se balader nu.»
Même écho chez son homologue genevois: « Je suis né naturiste, c'est
quelque chose de tout à fait normal pour moi, mais la randonnée nue me
semble être une forme d'agression. On est effectivement nés nus, mais on
a ensuite tous reçu une éducation différente. Ceux qui vont les croiser
n'ont rien demandé, je comprends que ça puisse les choquer. »
"Le
Matin", Muriel Jarp - le 07 avril 2009
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