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Si le fait d’enlever notre haut de maillot sous les yeux d’inconnus
pendant nos vacances suffit à mettre un peu de piquant dans notre
bain de soleil, sachons toutefois que cet acte est à mille lieues de
l’idéologie naturiste telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Naturisme ne rime pas avec érotisme. Ni avec échangisme.
Stéphane
Deschênes, ex-président de la Fédération canadienne de naturisme
C’est en France, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, que
le naturisme a vu le jour. Ce mode de vie, qui est caractérisé par
la nudité en commun et qui a pour but de favoriser le respect de
soi-même, des autres ainsi que de l’environnement, coïncidait avec
l’industrialisation grandissante de l’époque. Alors qu’on cherchait
à trouver des manières différentes de s’exprimer, la naissance de ce
mouvement alternatif se voulait une forte réaction à l’autorité.
Aujourd’hui, le naturisme se pratique dans une quarantaine de pays.
Notre corps: un passeport pour la liberté! De nos jours, l’hypersexualisation
est monnaie courante dans la publicité, dans les magazines, au
cinéma et à la télé. Pour contrer cette projection de notre corps
comme une machine de marketing, le naturisme prône un retour à
l’état naturel de l’être humain. Cette manière de vivre procure
également un sentiment de liberté, d’égalité, de fraternité et de
paix.
«Nous sommes constamment bombardés de messages qui suscitent en nous
une honte et un sentiment d'insécurité au sujet de notre corps. On
nous dit que notre seul mérite consisterait à atteindre des idéaux
de beauté impossibles et mythiques. Or, le naturisme est un antidote
à ces deux maladies de notre monde. L’acceptation de la nudité,
combinée avec les valeurs naturistes, produit une image plus saine
et une estime de soi plus forte», déclare Stéphane Deschênes,
ex-président de la Fédération canadienne de naturisme et
propriétaire du centre naturiste Bare Oaks (www.bareoaks.ca/fr/
Bienvenue.html), près de Toronto.
Rien à voir avec le
sexe
Trop souvent et à tort, nous
mélangeons nudisme, naturisme et sexualité. Or, dans les centres qui
sont reconnus par les fédérations québécoise et canadienne, la
nudité est une activité familiale qui ne comporte aucun caractère
sexuel. Dans le même ordre d’idées, quelques règles s’imposent chez
les naturistes, où les comportements de nature sexuelle sont de
l’ordre du privé. Par exemple, les érections ainsi que les
enlacements amoureux exagérés en public ne sont pas tolérés. Idem
pour la prise de photos ou encore l’utilisation d’une caméra vidéo.
Ce code d’éthique se veut une police d’assurance contre le
voyeurisme ainsi que la pédophilie.
Bien sûr, l’être humain étant ce qu’il est, certains responsables de
centres naturistes profitent de la nudité pour ajouter un volet
échangiste à leurs activités ordinaires, mais notons que cette
pratique ne correspond pas du tout à l’idéologie de base du
naturisme. Ainsi, le camping Adam et Ève, dans la région de
Drummondville, est réservé uniquement aux adultes puisqu’il favorise
des comportements plus libertins. Enfin, comment distinguer le
nudisme du naturisme? Notons que la nudité représente une partie
importante du naturisme, mais que la différence repose dans le
caractère écologique associé au naturisme.
À chacun sa nudité...
Chéri se promène nu à la maison? Cela ne fait pas de lui un
naturiste pour autant.Mais, si le naturisme nous intéresse,
l’intimité de notre foyer est un bon point de départ pour nous
familiariser avec la nudité et ainsi assouvir notre curiosité. Après
la salle de bains et la chambre à coucher, nous pouvons nous
aventurer dans le reste de la maison, puis éventuellement dans le
jardin s’il est bien clôturé ou éloigné des voisins. Alors que la
nudité est interdite dans les lieux publics, elle est permise dans
les lieux privés, sur un site aménagé à cet effet, par exemple une
plage. Pourquoi provoquer inutilement un voisin puritain qui
pourrait alerter la police à propos de notre pratique? La prochaine
étape est de recevoir des amis ou des proches pour qu’ils
expérimentent avec nous la nudité domestique. Une fois cette étape
franchie, le temps est venu de fréquenter des lieux naturistes comme
des centres ou encore des plages. Enfin, nus pour la vie! «Une autre
forme de nudité assez fréquente est celle qui consiste à se trouver
nu seul, avec une autre personne ou avec quelques proches également
nus, dans un lieu isolé. Le camping sauvage, la baignade furtive,
sur une plage lointaine ou au cours d’une balade en bateau, sont
souvent l’occasion d’une découverte de la nudité dans la nature»,
explique Michel Vaïs, fondateur de la Fédération québécoise de
naturisme (FQN).
L’avenir du naturisme Les adeptes du naturisme forment encore une
minorité de la population. Cependant, plusieurs initiatives sont
mises de l’avant afin de promouvoir ce mode de vie, et ce, 365 jours
par année. En effet, on loue même des emplacements pendant l’hiver
pour permettre aux naturistes de poursuivre leurs activités. Ainsi,
le Chalet du boisé, à Varennes, offre des journées naturistes à son
spa nordique. Pour connaître les dates, il suffit d’ouvrir le
fichier PDF situé sous «Journée naturiste au Spa», au centre de la
page d’accueil de la section «Centre balnéaire»
(www.chaletduboise.com/FR/balneaire.htm) du site Web. Enfin,
contrairement à ce qui se passe dans certains pays d’Europe, où la
nudité est courante sur les plages ou dans les parcs, les artisans
du naturisme doivent redoubler d’ardeur chez nous pour démystifier
la chose et faire avancer ce dossier sur le plan public.
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