Pour Michael, vivre nu est anti-dépresseur

Australien et capagathois d'adoption. Chaque été depuis 2004, Michael, 40 ans, effectue le long voyage entre Melbourne, où ses parents libanais se sont installés quand il avait 2 ans, et la "station capitale". Un voyage aux origines. « Le naturisme est né en Europe » , estime-t-il. « On ne peut pas vraiment parler de Mecque du naturisme, mais c'est sûr que c'est plus populaire ici que chez moi. » Michael est impressionné par ce village naturiste « immense, littéralement bondé ».
Bondé d'étrangers, notamment, comme lui, mais qui viennent, eux, généralement en couple ou en famille. « Ce n'est pas l'endroit idéal pour les hommes seuls » , juge Michael, expliquant d'autre part qu'il n'est pas là pour les boîtes de nuit.
Il est, en effet, plutôt du genre 
« balades et relaxation toute la journée sur la plage » . Il ne quitte d'ailleurs jamais « l'ambiance amicale » du village, où il ne se déplace pas tout le temps nu.
Le quartier naturiste est pour lui un havre de paix. Y passer ses vacances, « c'est comme une thérapie » , explique-t-il. Michael est dépressif et souffre de crises d'anxiété. En enlevant ses vêtements, il se débarrasse de la pression qui pèse sur lui.
Il a eu besoin de cette 
« liberté », de ce « moyen d'expression », très tôt. « Dès que j'ai eu mon permis de conduire à 20 ans, j'ai foncé à Sunnyside Beach, la plage naturiste de Melbourne , raconte-t-il. Bien sûr, au début, ça n'a pas été facile, il faisait froid. » Ce fut surtout très difficile avec ses parents, qui n'ont toujours pas accepté le choix de leur fils. « Il y a quinze ans, mon beau-frère m'a aperçu sur cette plage et l'a raconté à mes parents , se souvient-il. Ce sont des ouvriers très stricts, originaires d'un milieu musulman. Ça les a rendus fous, ils m'ont même traité de merde ! » Pendant deux mois, Michael ne s'est plus rendu à Sunnyside Beach, a arrêté le naturisme. Et puis : « J'ai réalisé que c'est ce que je suis, ce que j'aime faire. » Alors peu importe ce qu'en pensent les parents.
D'autant que, quelques années plus tard, un magazine anglais lui fait découvrir Le Cap-d'Agde, un lieu où personne ne niera sa personnalité, comprend-il.
Mais, cette année, Michael n'a trouvé personne pour partager un emplacement au camping et pu payer les trois semaines réservées. Exclu au bout d'une semaine par la direction, son petit paradis mental serait-il menacé ?