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Les jours de trop chaud, quand la moiteur
ambiante rend insupportable le moindre linge, à quoi bon
s'enquiquiner ? Direction le camping naturiste.
C'est l'été, c'est joli, c'est folie, c'est
l'occasion d'envoyer valser les obligations, les scrupules, la gêne,
le maillot de bains et ça tombe bien : à même pas vingt minutes de
route de Villeneuve, il y a les Manoques, le camping naturiste de
Valeilles, aux portes du Lot-et-Garonne (1). Il fait trop chaud pour
s'habiller d'ancestrales habitudes et de s'encombrer d'une
étouffante pudeur.
Sur cet îlot, le naturisme surplombe le monde textile. Le site est
tranquillement installé sur une butte accessible par une unique
route. Elle donne sur une verdoyante vallée. La nature aussi y est
toute nue.
Piercings bannis
Valeilles, ce n'est pas le Cap d'Agde. Le naturisme n'y est pas
polisson, il y est familial : « C'est très bien pour découvrir »,
promet le patron. Confirmation sur le règlement où on prône une
pratique dénudée de toute ambiguïté : la nudité entre dans la sphère
publique, la sexualité dans la sphère privée. Et à ce titre, ceux
qui habillent leur intimité de piercings sont priés de les ôter,
manière à ne pas contraindre l'œil à déraper et à mélanger des
genres que les adeptes tiennent à dissocier.
Le camping, dirigé par un homme qui se trouve également être
ostéopathe, se pose comme un « centre naturiste de médecines douces
» : on y donne accès à un sauna, un jacuzzi, des professionnels
peuvent vous remettre une épaule en vrac. On y apprend même les
massages relaxants.
Il est comment le naturiste ? Tout nu, oui, ça, on nous avait
prévenus. Mais dans l'état d'esprit ? Jusqu'où faut-il pousser
l'harmonie avec la nature ? Est-ce qu'un ayatollah du naturisme va
mordre Madame parce qu'elle porte du vernis aux doigts ?
Ni plus ni moins que comme tout le monde. Exception faite qu'il
l'indiffère de croiser son voisin avec rien d'autres qu'une brosse à
dents à la main et des tongs au pied. Le camping vit sa petite vie
avec sa clientèle d'habitués, des Français d'un peu partout, des
Néerlandais, des gens qui aiment se retrouver tous les étés et que
le GO n'a pas besoin de harceler pour avoir suffisamment de monde au
traditionnel pentathlon qui se dispute sans pantalon.
Sentiment d'appartenance
Il plane cependant ce sentiment d'appartenance. Est-ce cette
considération clanique qui le rend plus aimable, plus convivial avec
celui qu'il ne connaît pas mais qui partage avec lui cette pratique
qui fascine autant qu'elle rebiffe les textiles ?
Il campe mais n'est pas campé sur ses positions. Il est même prêt à
faire entorse à ses aspirations pour un aréopage municipal. Le maire
et ses élus étaient invités il y a quelques jours à participer à la
soirée-concert du samedi. Pas un rabat-joie n'a dérogé à la
sollicitation du gérant de participer exceptionnellement à la soirée
habillé.
Sur le plateau, la vie se résume à un bois, un snack, des barbecues,
une petite piscine avec personne pour porter l'un de ces shorts de
bain qui se gonflent comme de petits parachutes. Des mômes y font
les zouaves sur des chambres à air. Les parents prennent un bain de
soleil sur des transats avant de regagner discrètement leur bungalow
sans laisser de traces : il n'y a que ceux qui débutent pour en
avoir.
(1) www.lesmanoques.com
 (14/08/2010). |