Christiane Lecocq : 98 ans de naturisme !

 

 

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Christiane, 98 ans et naturiste !

Elle est non seulement la veuve d'Albert Lecocq, fondateur en 1950 de la Fédération nationale de naturisme (FFN) et créateur de la revue « La Vie au soleil », mais également présidente d'honneur de cette même Fédération. C'est à ce double titre que Christiane Lecocq assiste jusqu'à ce soir au 52e congrès de la FFN qui se tient au camping d'Arnaoutchot, à Vielle-Saint-Girons, sur la côte landaise.

Christiane habite à Carrière, près de Paris, mais pour rien au monde elle ne manquerait un congrès annuel. Alerte, pimpante, joyeuse, très joyeuse, intarissable sur ses souvenirs, Christiane Lecocq peut se vanter d'être probablement la plus ancienne naturiste française, pratiquante depuis... 1932. Et si à Arnaoutchot elle a gardé le tee-shirt et la petite laine pour nous recevoir, c'est bien parce qu'un petit coulis d'air frais passait aux abords de la piscine. Pas d'imprudence quand même.

« Au moins une culotte... »

« Je suis venue au naturisme tout à fait par hasard. J'avais 21 ans et j'étais ouvrière dans une entreprise de laine à Tourcoing. Un samedi soir au bal, je rencontre des jeunes gens et jeunes filles qui m'invitent pour le lendemain à aller faire du sport. Nous étions en août. Quand je suis arrivée au lieu de rendez-vous - c'était un ancien camp militaire -, on m'a simplement dit : « Déshabille-toi entièrement ». J'avoue que je n'ai pas réfléchi, et je l'ai fait, mais bizarrement, ça ne m'a pas du tout choquée et je me suis sentie très à l'aise pour jouer au ballon dans le plus simple appareil. Moi qui n'avais jamais vu d'homme tout nu ! »

Née dans une famille modeste, avec une mère très catholique et un père un peu moins, Christiane n'ose d'abord rien dire à ses parents. « Je m'étais inscrite en secret au club naturiste. Pour cela, il fallait un certificat de bonnes moeurs, un extrait de casier judiciaire et un certificat médical, vous vous rendez compte... »

Ce que Christiane ignorait, c'est qu'en s'inscrivant au club, elle s'abonnait automatiquement à une revue de naturistes, avec des photos. « La revue est arrivée à la maison et quand ma mère a vu les photos de gens à poil, elle s'est écriée : « C'est des péchés tout ça ! Si tu y vas, mets au moins une culotte. Quand mon père a jeté un coup d'oeil au journal, il a trouvé ça très bien... »

Très vite, elle rencontre Albert Lecocq, journaliste et militant du naturisme. Ils se marient en 1933 et mènent ensemble le combat pour le naturisme. « Moi j'étais une révoltée, et Albert voulait sortir le naturisme de son ghetto, il voulait une sorte d'universalisme avec les ouvriers, les bourgeois, les patrons. C'est la raison pour laquelle il a créé la Fédération, en 1950, pour regrouper les clubs qui pouvaient exister en France. »

Quelques mois plus tard, le couple participe à la création du camp de Montalivet, en Gironde, où Christiane va toujours en vacances l'été.

Une thérapie

Albert Lecocq est décédé en 1969, mais son épouse a poursuivi pendant des années son travail au sein de la Fédération et à la tête de la revue « La Vie au soleil ».

Christiane a fait du naturisme une philosophie et un art de vivre. De son propre aveu, rarement elle a rencontré désapprobation ou hostilité. « On ne fait de mal à personne, ce n'est pas honteux, et puis c'est si bon de profiter de la lumière, d'être libre. Pour moi c'est une thérapie. » En la voyant, on n'en doute pas.

Auteur : Didier PIGANEAU

 

du 19/04/2009