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PAULHIAC 47. Douze
fédérations naturistes d'Europe sont réunies ce week-end au domaine
de Laborde, pour harmoniser la législation selon les pays et penser
l'avenir de la pratique. Hier au domaine Laborde, à Paulhiac. La
France est la première destination naturiste d'Europe.
Eux que rien n'habille, aimeraient une loi plus transparente. Tous
les pays n'ayant pas la même façon d'appréhender le loisir de vaquer
complètement nu, la fédération internationale de naturisme (INF)
veut harmoniser les différentes législations, en proposant un texte
commun. Pour recenser toutes les règles en vigueur, depuis vendredi,
le Domaine Laborde, dans la forêt profonde de Paulhiac, accueille 12
fédérations naturistes d'Europe sur les 31 qui s'effeuillent sur la
planète.
Pas facile d'être nu en ville
Car il vaut mieux tomber la chemise en Espagne qu'au Luxembourg. «
Ce n'est même pas la loi, même pas la police, c'est juste
inconcevable », explique Mick Ayers, 63 ans, Anglais de Lowestoft.
Mais à Barcelone, la maréchaussée n'aurait rien contre la marée
déshabillée. « À Madrid, on vous dira juste gentiment d'aller vous
rhabiller », explique Paul Rethoré, 71 ans, président de la
Fédération française de naturisme (FFN).
Ailleurs, il reste assez compliqué de « se balader dans un quartier,
dans une ville ». Bon, c'est pas forcément pour faire du shopping
sans slip à Shopy, mais la « randonnée nue » sans cloisons est une
revendication très sérieuse de la FFN, par exemple. Car il n'y a pas
qu'à la plage (108 en France, entre officielles, sauvages ou justes
tolérées) ou dans les lieux clos (150 clubs, 105 centres de
vacances) que les naturistes veulent se déshabiller. « Il y en a
plus que l'on croit », sourit Paul Rethoré : 600 000 pratiquants
français, 2 millions touristes compris.
Plus de naturistes à la plage
En fait, c'est surtout le flou des lois que les naturistes
voudraient lever. En France, par exemple, depuis 1994, l'article
222-32 du code pénal réprime « l'exhibition sexuelle imposée à la
vue », dans un lieu public. Et si une jurisprudence de 1989 établit
que l'atteinte à la pudeur n'est caractérisée qu'en cas d'attitude
provocante, il y a encore beaucoup d'entrave à la pratique
déculottée. « Soit on dit clairement : on ne veut pas voir. Soit on
réfléchit tous ensemble », résume Paul Rethoré.
Cette poussée revendicative de la communauté nue est relativement
récente. C'est que la pratique dans les centres ou clubs de la
fédération commence à régresser. Alors que le naturisme sur la plage
(ou dans des lieux non-clos) se développe, au contraire. « Les
jeunes nous disent que le naturisme est synonyme de liberté, ils ne
veulent pas des barrières qui entourent les centres... » Ce qui se
discute. « Le problème, c'est que sur la plage, certains pensent
pouvoir tout faire. » Y compris la pratique ou l'exhibition
sexuelle. Et voilà comment cet « art de vie » communautaire naturo-sensible
est caricaturé en salon nudiste du stupre. Alors que débats de ce
week-end concernent aussi des débats sur la protection de
l'environnement. Pour Paul Réthoré, la nudité est « une société,
mais autrement. Sans barrières sociales. Nus, on est tous pareils,
les rapports sont plus francs. »
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