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Pour vivre heureux nus, ne vivons plus cachés ! |
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PAULHIAC. Douze fédérations naturistes d'Europe sont réunies ce week-end au domaine de Laborde, pour harmoniser la législation selon les pays et penser l'avenir. Eux que rien n'habille, aimeraient une loi plus transparente. Tous les pays n'ayant pas la même façon d'appréhender le loisir de vaquer complètement nu, la fédération internationale de naturisme (INF) veut harmoniser les différentes législations, en proposant un texte commun. Pour recenser toutes les règles en vigueur, depuis vendredi, le Domaine Laborde, dans la forêt profonde de Paulhiac, accueille 12 fédérations naturistes d'Europe sur les 31 qui s'effe uillent sur la planète. Pas facile d'être nu en ville Car il vaut mieux tomber la chemise en Espagne qu'au Luxembourg. « Ce n'est même pas la loi, même pas la police, c'est juste inconcevable », explique Mick Ayers, 63 ans, Anglais de Lowestoft. Mais à Barcelone, la maréchaussée n'aurait rien contre la marée déshabillée. « À Madrid, on vous dira juste gentiment d'aller vous rhabiller », explique Paul Rethoré, 71 ans, président de la Fédération française de naturisme (FFN). Ailleurs, il reste assez compliqué de « se balader dans un quartier, dans une ville ». Bon, c'est pas forcément pour faire du shopping sans slip à Shopy, mais la « randonnée nue » sans cloisons est une revendication très sérieuse de la FFN, par exemple. Car il n'y a pas qu'à la plage (108 en France, entre officielles, sauvages ou justes tolérées) ou dans les lieux clos (150 clubs, 105 centres de vacances) que les naturistes veulent se déshabiller. « Il y en a plus que l'on croit », sourit Paul Rethoré : 600 000 pratiquants français, 2 millions touristes compris. Plus de naturistes à la plage En fait, c'est surtout le flou des lois que les naturistes voudraient lever. En France, par exemple, depuis 1994, l'article 222-32 du code pénal réprime « l'exhibition sexuelle imposée à la vue », dans un lieu public. Et si une jurisprudence de 1989 établit que l'atteinte à la pudeur n'est caractérisée qu'en cas d'attitude provocante, il y a encore beaucoup d'entrave à la pratique déculottée. « Soit on dit clairement : on ne veut pas voir. Soit on réfléchit tous ensemble », résume Paul Rethoré. Cette poussée revendicative de la communauté nue est relativement récente. C'est que la pratique dans les centres ou clubs de la fédération commence à régresser. Alors que le naturisme sur la plage (ou dans des lieux non-clos) se développe, au contraire. « Les jeunes nous disent que le naturisme est synonyme de liberté, ils ne veulent pas des barrières qui entourent les centres... » Ce qui se discute. « Le problème, c'est que sur la plage, certains pensent pouvoir tout faire. » Y compris la pratique ou l'exhibition sexuelle. Et voilà comment cet « art de vie » communautaire naturo-sensible est caricaturé en salon nudiste du stupre. Alors que débats de ce week-end concernent aussi des débats sur la protection de l'environnement. Pour Paul Réthoré, la nudité est « Une société, mais autrement. Sans barrières sociales. Nus, on est tous pareils, les rapports sont plus francs. »
Adrien Vergnolle
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