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« Une vie à nu » , le second roman de Renée
Beauvieux, vient de paraître aux éditions Vents Salés. Sur fond
d'intrigue, il met en scène le village naturiste de La Jenny, près
du Porge. L'occasion pour l'auteur d'évoquer un mode de vie parfois
mal compris.
« Sud Ouest ». Quels sont les préjugés à l'encontre du naturisme
?
Renée Beauvieux. Les gens pensent que cela favorise les rencontres
sexuelles. Ils se demandent comment on peut vivre nu au milieu des
autres, sans pudeur ni réserve. Et ils trouvent surtout que c'est
indécent, notamment quand on fait du sport ou du vélo. Avoir acheté
un chalet à La Jenny nous a coupés de certains de nos amis, pendant
l'été du moins ; ils ne viendraient jamais nous voir ici comme ils
viendraient dans une maison de famille.
Avez-vous ressenti de pareilles réticences avant de découvrir ce
mode de vie ?
Avant d'acheter, en 1986, nous avions effectivement un peu peur que
cela dégénère, que le village devienne un lieu de rencontres et
d'exhibitionnisme. Mais nous avons été conquis par la liberté que
l'on y éprouve. Depuis, nous avons vieilli avec le village et nous
avons trouvé ici de nombreux amis. Cela dit, je ne concevrais pas le
naturisme ailleurs que dans un milieu naturel.
Que répondez-vous aux détracteurs du naturisme ?
Je comprends tout à fait que cela puisse étonner, et je respecte
cette opinion. Mais dans le naturisme, il y a des règles à
respecter, une charte. Par exemple, les strings ne sont pas acceptés
car ils sont considérés comme à tendance érotique. Il faut aussi,
bien sûr, s'habiller pour traverser la pinède puisque celle-ci ne
fait pas partie du village.
Il y a une très grande liberté et une tolérance. Certains
adolescents portent des maillots de bain et tout le monde respecte
leur choix parce que nous savons que c'est un âge difficile. Si l'on
peut se sentir mal à l'aise au début, cela s'efface très rapidement
parce que les gens ne se jugent pas entre eux. Tout le monde est
identique. Il y a des petits, des grands, des personnes sveltes,
d'autres qui le sont moins, mais au fond il n'y a pas de différence.
Cela facilite les rencontres amicales et de voisinage parce que
c'est simple de se recevoir, sans préjugés, à la bonne franquette.
Le naturisme, c'est la liberté.
 (12/08/2010). |