Les naturistes ont froid à "La Ronde"

Au camping du Port, le fait de devoir se couvrir trop souvent leur gâche un peu les vacances.

«Les naturistes ne sont pas des êtres exceptionnels. Quand il fait chaud, ils ont chaud et quand il fait froid, ils ont froid », assène Jean-Marc Goursaud, souriant mais un peu ironique, comme s'il s'adressait à des gens qui prennent le nudiste pour un martien.

Donc, en ce moment, les naturistes ont froid et souvent, ils se couvrent. Souvent aussi, ils quittent le camping ou annulent le séjour programmé. C'est un problème pour ce petit établissement de La Ronde, en Charente-Maritime, ouvert depuis quatre ans. L'affaire tourne fort bien, mais des mois de juillet aussi pluvieux et froids inquiètent tout de même un peu les patrons.

Jean-Marc Goursaud et son épouse Jocelyne pratiquent le naturisme depuis toujours. Avant, ils ne le faisaient que l'été pendant les vacances. Le reste du temps, ils travaillaient dans la grande distribution. Et puis un jour, ils ont eu envie de se reconvertir. D'où l'idée de chercher un camping qu'ils aménageraient pour les naturistes.

L'abricotier était si beau

Après avoir visité divers endroits, ils ont jeté leur dévolu sur un lopin de terre à La Ronde, un village au nord du département traversé par la Sèvre niortaise.

C'était un camping de « textiles », c'est-à-dire fréquenté par des touristes qui portent des vêtements. C'est aujourd'hui un camping avec des vacanciers qui n'en portent pas, labellisé par la fédération française de naturisme. « Quand on l'a visité la première fois, il y avait un abricotier tellement beau, on a eu un coup de cœur », se souvient Jocelyne.

Il faut dire que l'endroit est charmant, bucolique, ombragé, équipé simplement d'une piscine et de barbecues, pour des vacanciers qui aspirent à une vie paisible et « très nature ».

44 emplacements

La mairie leur a réservé un excellent accueil. Elle les a autorisés à agrandir le camping, qui compte désormais 44 emplacements, et a permis au couple d'installer des mobil-homes.

Les Rondelais et les Rondelaises ont toutefois manifesté quelque curiosité. « Surtout quand nous avons clôturé le terrain, raconte Jean-Marc Goursaud. C'était indispensable, car il n'y a pas plus pudique qu'un naturiste. Alors, forcément, certains ont pensé que nous voulions cacher je ne sais quoi. Il y a eu des rumeurs, des visites même, ils voulaient voir. Maintenant, tout va bien et dans l'ensemble, les habitants du village sont très gentils. »

L'ambiance est décontractée. Ce va-et-vient de gens tout nus et qui ont l'air de trouver ça normal, surprend un peu. On regarde alentour, les yeux un peu dans le vague. Puis, on s'habitue, assez vite finalement.

« Nous sommes comme nous sommes, ici on s'en fiche, personne n'est trop gros, trop grand, pas assez, on n'y pense pas. Et pas de signes extérieurs de richesse, c'est plus simple, plus naturel. »

Les Goursaud sont ravis de passer sept mois par an à La Ronde, avec une clientèle qui vient de partout en France, mais aussi de Belgique, d'Espagne et même d'Australie.

Le camping du port, c'est son nom, n'est ouvert qu'aux naturistes. Le « textile » est prié d'aller faire voir ses vêtements ailleurs.

(26/07/2011)