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Méconnu chez nous, le naturisme continue de
faire recette à l'étranger. Et plus particulièrement en France, où les
habitués allemands des années 90 laissent,peu à peu, place à un public
francophone rajeuni. Public dans lequel on trouve de nombreux adeptes
belges...
UNE GÊNE. Presqu'un tabou. Le naturisme reste, en
Belgique, l'affaire faire de quelques passionnés. 40 000 tout au plus,
Quelques dizaines de milliers de concitoyens profitant des rayons de
soleil qui dardent occasionnellement le ciel de notre petit pays pour
gagner, en coup1e ou en famille, les campings et autres terrains
réservés aux adeptes de la nudité.
Beaucoup des autres, ceux que les naturistes appellent, non sans humour,
les «textiles », se contentent de fermer les yeux.
Comme si de rien n'était. Comme si, surtout, le naturisme était, encore
et toujours, poursuivi par d'éternels a priori serinés façon café du
commerce : « nid à pervers », « manque d'hygiène », « prétexte à
l'exhibitionnisme, l'échangisme voire à la pédophilie ». Voilà les
maîtres-mots de ses détracteurs.
Affiliation obligatoire en Belgique
Ces stéréotypes, voilà longtemps que les dirigeants de la Fédération
Belge de Naturisme (FBN) les combattent. Parce qu'ils sont injustes. Et
injustifiés. Les tragiques affaires qui
secouèrent l'opinion publique belge à dix ans d'intervalle ne les ont
pas aidés dans cette tâche, amalgames obligent. Raison pour laquelle la
FBN s'est longtemps abstenue de communiquer sur ses pourtant nombreuses
activités : « Notre conseil d'administration, doit se réunir en
septembre, afin de débattre de la possibilité de leur faire de la
publicité »,
concède cependant Yvan Delattre, membre du CA et rédacteur du bulletin
d'information national de la FBN.
Une telle initiative permettrait de rappeler les principes qui régissent
le naturisme, depuis qu'il est perçu par ses pratiquants comme une
philosophie de vie. En 1974, la Fédération Naturiste internationale le
définissait ainsi: « Il s'agit d'une manière de vivre en harmonie avec
la nature, caractérisée,par la pratique de la nudité en commun, qui a
pour but de favoriser le respect de soi-même, des autres et le soin pour
l'environnement. »
Trente-deux ans plus tard, le credo est identique. S'y ajoute le
nivellement social qu'implique, par ...nature, sa pratique : « Riche,
pauvre, beau, laid, etc. : peu importe lorsque vous vous trouvez dans un
camp ou sur un terrain naturiste, assure encor Yvan Delattre. Quant aux
éventuelles pervers, croyez bien qu'ils sont immédiatement repérés et
priés de quitter les lieux. De toute façon, il faut, pour accéder à ces
lieux, être affilié auprès de la Fédération:»
D'autant que nous sommes loin, en Belgique, de ces gigantesques camps
naturistes qui prévalent par exemple en France et, depuis plus
récemment, en Croatie. Certains clubs affiliés à la FBN n'ont d'ailleurs
pas de terrain leur permettant de tomber chemises et pantalons. Et
occupent donc, occasionnellement, des structures habituellement
réservées aux « textiles ». C'est ainsi le cas de la piscine de Jambes,
près de Namur, réservée tous les samedis de 19 h 30 à 20 h30 aux
naturistes des environs. Parallèlement à ces rassemblements, de
nombreuses activités sont ponctuellement organisées par les vingt clubs
qui composent la fédération.
Et si vous hésitez encore à vous lancer, tiraillé entre peur et pudeur,
sachez que la FBN organise des visites gratuites de leurs camps: « Les
amateurs s'y rendent habillés et... sont souvent plus gênés que les
naturistes eux-mêmes ». Car dans un camp naturiste, ce sont les codes
dictés par notre société qui se trouvent inversés: « Lorsque vous vous y
rendez, vous
laissez vos complexes chez vous. Cette grande liberté n'échappe
généralement pas à nos visiteurs d'un jour qui, pour la grande majorité,
reviennent rapidement. » Nus, évidemment.
Michaël DEGRE
("Vers l'Avenir", 21 août 2006)
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