[Cap d'Agde] : « Tout ce que l’on aime, on le trouve ici »

Habitué à se mettre nu sur son « bateau, tout seul », dans sa Bretagne natale, Patrick Calvez, 53 ans, s’est mis au naturisme après avoir rencontré Lola, de quatre ans sa cadette. « Un jour, on était sur la plage textile et on est passé du côté nu, se souvient-il. Cinq minutes plus tard, on n’y pensait même plus. »

Résultat, après avoir loué à plusieurs reprises, voilà deux ans que ces Nîmois possèdent un studio au village naturiste du Cap d’Agde, que Lola connaît depuis vingt ans. Ce sont, désormais, des inconditionnels du lieu.

« Tout ce que l’on aime, on le trouve ici », résume-t-elle. Et, en premier lieu, cette «impression de liberté » que procure le fait de vivre nu. Pas question, pour eux, de renfiler un désagréable maillot
en nylon. Surtout que « sur les plages textiles, il faut toujours surveiller ses affaires», rappelle Patrick, estimant aussi qu’elles sont moins calmes et souvent plus sales. Alors, naturisme égale écolo ? « Ici, il y a beaucoup de béton… », répond-il simplement. « Habillé ou pas, il faut protéger la nature », ajoute sa femme.

Lola et Patrick ne voient pas, comme d’autres, le naturisme de façon philosophique. Elle, l’associe « à la chaleur, au soleil ». Aucun n’ira huer une personne habillée sur la plage. « De toute façon, les gens se sentent mal à l’aise d’eux-mêmes », affirme Lola. « Si on met une définition au naturisme, ce n’est plus la liberté », explique-t-elle. Or, ce qui compte, c’est le respect des autres, cette « tolérance qu’on ne trouve pas ailleurs ».

Ils l’aiment donc, « leur » village naturiste. Au point d’y venir trois semaines chaque été et dix week-ends dans l’année, exactement « comme dans toute maison secondaire ». Quand ils viennent l’hiver, en revanche, c’est avec les « doudounes »,Lola s’avouant « trop frileuse ».
Mais surtout, ils aiment ce village au point de le défendre sur un site Internet, etre-naturiste, dont Lola est une des médiatrices. « Le Cap d’Agde est bafoué sur les forums par des naturistes qui ne sont jamais venus », s’énerve-t-elle. « Le village est étiqueté sexe, confirme son mari. Ca existe bien sûr, mais nous, nous ne sommes pas échangistes et nous trouvons notre place. »

Trouver leur place, c’est vivre leurs vacances comme ils l’entendent. Tranquillement. Comme tout le monde. Alors, Patrick et Lola Calvez, ils sont naturistes d’accord, mais cela ne fait pas d’eux des êtres à part. 
 

François DAIREAUX