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Fallait-il
pondre un arrêté ou pas ? La question reste en suspens. Il n’empêche, la
très grande plage de Villeneuve-lès-Maguelone (9 km, de Palavas à
Frontignan), connue pour sa tolérance à l’égard du naturisme, dispose
désormais de 1 500 m où « une tenue décente est exigée ». C’est ce que
stipule un arrêté municipal, signé par le maire, Noël Ségura, le 18 juin
dernier. Selon ce dernier, il s’imposait car « il fallait le faire
partout où la plage est familiale, explique-t-il. Et surtout aux abords
du centre de loisirs ».
Le maire met dans la balance, une anecdote vécue : « J’ai déjà eu à
demander à des personnes d’aller plus loin ». Selon le maire, il n’y a
pas dans cet arrêté de volonté liberticide : « Tout le monde le sait,
il y a des
scènes dont il faut protéger les enfants et même certains adultes ».
Une façon pudique de déclarer que toute attitude "sexuée" est désormais
prohibée dans un champ de 1,5 km. L’arrêté proscrit donc le naturisme :
à l’est de 100 m en amont du centre aéré de la police ; à l’ouest, sur 1
400 m en direction de la plage des Aresquiers.
Cela protégerait les abords du centre de loisirs et de la plage du
Pilou, desservis par le fameux petit train, très fréquentés par une
"clientèle" familiale : « Il y a des endroits où le naturisme est
toléré. Il fallait ce texte pour que deux publics ne se rencontrent pas
», commente Noël Ségura. Dont l’idée est davantage d’être dans la
sensibilisation que dans la répression : « Cet arrêté sera appliqué par
la police municipale et par la gendarmerie. Si vraiment on assiste à des
scènes choquantes pour des familles alors, on dressera des procès
verbaux. »
Sur la plage, les avis sont mitigés, comme souvent : entre ceux qui
estiment le procédé contraire à la bonne entente entre "textiles" et
naturistes qui, à cet endroit ont toujours bien cohabité et ceux qui
estiment normal de protéger les enfants.
Michèle, se souvient d’une scène particulièrement choquante à laquelle
elle a assisté en compagnie de sa jeune fille : « Au moins grâce aux
panneaux, tout le monde sait s’il peut ou non faire du naturisme. »
« Je suis naturiste et je n’avais pas besoin d’arrêté municipal pour
savoir où aller. Et je ne crois pas que les naturistes soient plus
déviants que les "textiles" », estime un monsieur qui préfère ne pas
révéler son identité. Le sujet reste sensible même si les camps sont
désormais plus cloisonnés sur la plage de Villeneuve-lès-Maguelone.
Yannick POVILLON
"Midi Libre"
du 15 juillet 2009 |