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Un petit coin de
paradis. Le Club du soleil du Mont-Blanc ferait pâlir d'envie tous les
amoureux de l'herbe verte et du soleil. Imaginez un terrain de 4000
mètres carrés sur lequel sont bâtis des chalets, des jeux de golf et de
tir à l'arc. Une piscine avec une immense terrasse, qui domine la
vallée, est actuellement en construction. Ici, les naturistes ont établi
leur nid. Ceux de poules jalonnent la route qui mène à l'Eden. Le site
est isolé, loin des regards des voyeurs. Il est juché au-dessus du
village de Serraval dans la vallée des Aravis. Une trentaine d'adhérents
vient régulièrement se ressourcer, dans la tenue d'Adam et Eve.
La présidente,
Christine Menuel et Jean-Paul Antoine, nous reçoivent. Avec une
simplicité qui caractérise non seulement leur hospitalité mais aussi
leur appareil. Normal... Ils sont chez eux, dans et sur leur domaine.
Alors pas question de jouer aux "textiles" sous prétexte qu'ils
accueillent la presse. Et c'est le plus naturellement du monde qu'ils
s'assoient en face de vous, sans chercher à dissimuler quoi que ce soit.
Ici, le regard de l'autre n'a pas plus de poids que le léger tee-shirt
qu'ils enfilent quand ils frissonnent. Ils se dénudent  dès
février quand la température le permet.
Leur bonheur serait
total s'ils parvenaient à attirer les jeunes qui, à ce jour, ne se ruent
pas dans leurs transats. À se demander si le mouvement naturiste ne
serait pas lié à une étape de l'Histoire. La majorité des clubs ont pour
membres d'anciens soixante-huitards qui, bien avant les écolos,
militaient pour l'environnement.
Rien à voir avec l'échangisme
Au club de la Sauffaz,
on récupère l'eau de pluie, on se chauffe au bois et on fait du compost
depuis 1964 ! Ils comptent bien tisser de nouveaux liens en tirant sur
cette fibre "durable". Ici, on est nu comme un ver (t) !
Tout en veillant à ne
pas attirer des loups dans la bergerie. Christine chasse ceux qui
confondraient naturisme et sexualité. Leur mode de vie n'a rien à voir
avec l'échangisme, tel qu'il est pratiqué, par exemple, sur les plages
du Cap D'Agde. La présidente du club se demande d'ailleurs pourquoi
elles figurent parmi les sites officiels, recensés par la Fédération..
Dans l'espoir de faire
de nouveaux adhérents, Christine Menuel invite les candidats à passer un
premier week-end avec eux. Au bout d'un an, la présidente s'octroie le
droit de les exclure s'ils ne suivent pas le code de bonne conduite.
Le site peut recevoir
des enfants alors pas question de tolérer des comportements douteux.
Pour cette enseignante au collège de Thônes, on ne transige pas avec les
bonnes mœurs. Quant à ceux qui voient dans le club, le spectre d'une
secte, elle rappelle le montant de la cotisation annuelle, soit 150
euros. Et la porte est grande ouverte...
Enfin, pas question
d'aller randonner ou couper du bois nus, en dehors du terrain. « Ce
serait de la provocation » dit-elle. Elle se distingue de ceux qui
prônent la "Randonue", c'est-à-dire les balades où seuls les pieds
sortent couverts.
Vous restez sceptiques
quant au bien-fondé de ce qu'elle nomme une "éthique" ? Elle vous invite
à venir en discuter seul ou en famille, en laissant votre tenue au
vestiaire. Histoire de tailler un costard à vos préjugés, dans un
authentique esprit de corps.
(Dauphiné Libéré—16 juin 2009) |