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Document traitant des
nouvelles tendances publié par l'éditeur "die neue zeit" BERN
Un voyage dans le premier "espace lumineux" de France. Ils sont
maintenant loin derrière nous, ces nuages qui cette année ont été
indissociables de notre Suisse. Mais hier soir encore, ils nous ont
glacé près du lac de Genève, et ce matin, entre Genève et Annecy,
nous avons traversé des nuages d'automne les plus épais et les plus
beaux qui soient, bien que la fin de juillet soit proche. Le lac
d'Annecy et le lac du Bourget nous ont offert une image triste. Peut
être voulaient ils ne pas nous rendre plus difficile notre adieu à
cette belle région. Ensuite, tout est devenu plus chaud et plus
lumineux, pendant plusieurs heures, nous avons roulé sous un soleil
rayonnant et dans une bonne chaleur qui favorise la bonne marche de
notre brave moteur. Maintenant, le soir approche et devant nous
s'étale la montagne côtière et ses rochers nus qui séparent
Marseille, le but de notre groupe, de la Provence. Les oliviers à
droite et à gauche le bitume (...) ou le bitume était encore mou à
cause de la chaleur de midi et les roues semblaient vouloir se
coller au sol. Une
promesse pour les amateurs de lumière et de soleil.
Le bitume de la route était encore mou à cause de la grosse chaleur
de midi et les roues semblaient vouloir coller au sol. Une promesse
pour les amateurs de lumière et de soleil. Bientôt nous sommes au
sommet et nous voyons la méditerranée. De ce fait, malgré que les
têtes soient un peu fatiguées par le long voyage, les passagers
reprennent vie pour profiter ensemble dans une ambiance agréable
notre entrée sur Marseille alors que le soir tombe rapidement.
Malheureusement, nous sommes en retard de sorte que les amis
Marseillais se sont déjà dit bonsoir et ne sont plus là. Dommage,
ils s’étaient rassemblés si nombreux pour nous accueillir et
voulaient nous témoigner leur sympathie dés le premier soir.
C’est pourquoi le lendemain
matin, ils nous prennent en main d’autant plus énergiquement. Dés
10h nous sommes embarqués sur un bateau à moteur avec des légumes,
des fruits et tout ce qui est nécessaire pour
faire notre cuisine.
D’abord, nous traversons le vieux port en longeant une quantité de
bateaux de pèche, passons le pont bizarre qui, en forme d’une grue
coulissante gigantesque permet le trafic au-delà du port d’une
partie de la ville à une autre et passons devant les deux forts, à
gauche et à droite, vers la pleine mer. Déjà, nous avons au visage
les premiers embruns. Encore quelques minutes et certains d’entre
nous, bons terriens, pensent qu’il est temps de pâlir. Mais, que ce
soit dit pour leur honneur, ils n’ont pas nourri les poissons, en
tout cas, pas aujourd’hui.
Car quelques jours plus tard, notre oncle de Bern, à l’aéroport de
Marseille a offert son repas de midi de Genève aux taupes. Il faut
aussi apprendre à voler…Après un orage de nuit qui rafraîchit le
temps, le
ciel se montre de nouveau sans un nuage. Et plus nous nous éloignons
de la ville bruyante et encore surchauffer, malgré l’orage, plus
l’air devient frais et pur.
Nous tendons tout notre
visage à la fraîcheur pour sentir tout à fait l’air salin. Vingt
cinq minutes plus tard, nous nous approchons du château d’If à
gauche, l’île devenue célèbre grâce au roman de Montecristo avec ses
tours fières et ses oubliettes. Maintenant, c’est un des sites
célèbres de Marseille qu’aucun visiteur de ce fort ne laisse passer.
Après quelques centaines de mètres, nous atteignons notre but. Plus
loin et plus haut, nous voyons un groupe de maisons entourées d’un
haut mur. Notre pilote sait ou il est. Il fait retentir plusieurs
fois la sirène et pendant que nous nous rapprochons de la rive,
quelques silhouettes bien bronzées s’approchent de nous. Le soleil
de méditerranée semble vraiment faire son effet. C’est un beau
spectacle que de voir les corps bronzés grimper sur les sur rochers
d’une blancheur éblouissante. Les regards, que nous nous échangeons
à notre arrivée, montrent une joie non dissimulée à cette vue. Un
bref salut cordial, nos bagages sont pris en charge et on grimpe à
la queue leu leu et on entre par une petite porte dans le « paradis
des amis » de Marseille.
Le Frioul est une île militaire. Aucun civil ne
peut y pénétrer sans autorisation particulière. Les personnes
autorisées sont de fait les habitants du petit village de pêcheurs.
C’est à porter au crédit des autorités supérieurs d’avoir mis l’île
à la disposition des membres bien portants des « amis de la lumière
» de Marseille. Nous, les Suisses, qui sommes habitués à la propreté
et à l’hygiène dans nos villes et dans nos
villages, savons peut être la grande valeur de ce genre d’espace
pour la population, comme c’est le cas pour les Marseillais qui
l’apprécient bien plus que les habitants de l’île. Que l’on se
promène dans Marseille, en
plein été à midi et que l’on prenne le bateau pour le château d’If
ou une des îles et on sera rapidement conscient de l’importance de
ce changement pour l’organisme humain ! Que l’on pense aussi à la
vie
nocturne dans le quartier du port et l’on comprendra et appréciera
l’importance vitale du « mouvement de la lumière » et de son étendue
pour cette ville. Les amis Marseillais, et leurs invités, ont libres
accès à cette île et nous pouvons être sûrs qu’ils sont des hôtes
bienvenus et appréciés des autochtones.
Cela signifie beaucoup, quand on pense que le « mouvement de la
lumière » est très nouveau en France. L’île est un véritable rocher
et les amateurs d’escalade viennent uniquement dans ce but. En bon
alpin, un de nos amis ne s’est pas pris au sérieux et a voulu
montrer aux Français du sud les plus belles chutes et ses membres
éraflés. Heureusement, depuis, ses membres quelques peu griffés ont
retrouvé toute leur beauté.
La végétation est rare et le peu d’herbe qui pousse entre les
rochers n’est pas vert mais grillé au soleil. C’est peut être ce qui
nous rendrait difficile un séjour plus long à nous autres Suisses
pourtant si contents
de ce contact. Mais nous devons réfléchir au fait que ce manque de
verdure est une conséquence du soleil et, si on pense qu’en été, des
mois durant, aucune goutte d’eau ne tombe, on peut réellement
s’étonner que quelques plantes trouvent encore à se nourrir pour
assurer leur difficile existence.
Par contre, le ciel et la mer nous enchantent avec l'intensité des
couleurs méridionales qui changent plusieurs fois dans la journée.
Ainsi, à une certaine heure, la mer se montre d'un bleu profond,
pour devenir, peu de temps après d'un vert clair, selon la vitesse
et la direction du vent. Et ensuite, par forte houle, toutes ces
crêtes d'écume derrière lesquelles apparaissent et disparaissent les
bateaux de pèches, petits et grands.
Quant aux levers et couchers du soleil, n'en parlons pas. Ils
appartiennent aux plus beaux spectacles naturels qu'on puisse rêver.
Et cela est à notre portée, tout proche et sans effort. Nous n'avons
rien à faire, qu'à franchir les murs de notre "espace", qu'à ouvrir
les yeux et nous tourner pour avoir devant nous toute cette
merveille. A part le port créé artificiellement et qui auparavant a
dû servir de mouillage de quarantaine, l'île est restée entièrement
intacte, sauvage et très rocheuse. Derrière chaque promontoire
rocheux, un nouveau paysage apparait, et, très souvent, on pourrait
croire se trouver dans un fjord Norvégien en miniature. Les forts,
menaçants là haut, ne nous dérangent pas, nous les ignorons. Sur ce
magnifique bout de terre se trouve le terrain que nous venons de
traverser et que nous contemplons maintenant avec des yeux étonnés.
Ce qui nous frappe d'abord tout particulièrement, c'est un bâtiment
qui se trouve au milieu d'une
grande place et qui rappelle un temple Grec (voir la première page
de ce document).
Tout au long du haut mur, des bâtiments de deux étages, d'un beau
style ancien qui malheureusement sont déjà en partie écroulés. Sur
la place autour du temple, sont réparties de manière pittoresque
plusieurs fontaines, partiellement ombragées par des arbres, un
changement bénéfique pour les yeux. Quelques clôtures métalliques,
plus hautes qu'un homme, rappellent le temps où toutes ces
installations ont du servir d'hôpital de quarantaine pour les
voyageurs et les marins, un temps qui heureusement remonte à
plusieurs siècles. Pourtant, un des bâtiments mentionnés, dans
lequel nous entrons est en rénovations et semble destiné aux besoins
actuels. Un large hall, carrelé de rouge, et peint de couleur claire
nous accueille et de
larges marches nous amènent à un étage supérieur lumineux. Étonnés,
nous passons devant une rangée de fenêtres, derrière lesquelles se
trouvent des chambres petites ou grandes partiellement meublées avec
un ou plusieurs lits de camp et d'autres meubles nécessaires. Et
aucun rideau aux fenêtres, dans chaque chambre nos regards se
perdent sur l'horizon, la seule décoration convenable pour "un
espace de lumière" dans lequel les visiteurs n'ont pas à se cacher,
pour éviter d'être vus de leurs amis.
Nous sommes conduits dans une de ces chambres et bientôt chacun
d'entres nous a son lit, plus ou moins
bon et s'allonge pour les essayer, afin que par un entrainement
suffisant, que la nuit qui vient, soit agréable. Ces préparatifs
furent partiellement un succès. Ensuite, après nous être débarrassés
de nos vêtements, nous faisons un tour dans tout l'espace, et sommes
présentés à tous les résidents. Pour la première fois, nous faisons
la connaissance d'un participant Japonais que nous avons beaucoup de
mal à comprendre dans sa langue maternelle.
L'installation de la cuisine
est primitive, quelques foyers improvisés dehors. Nous sommes tous
d'accord pour cuisiner peu et nous nous nourrissons de fruits et de
salades. On peut trouver les deux à bon prix au marché du Vieux Port
de Marseille. Les melons sont notre nourriture principale mais à
cause de leur faible valeur nutritive, l'excés de leur consommation
est à prohiber, et c'est difficile d'en rapporter beaucoup de
Marseille. Mais ils sont bons, ces melons, frais et récoltés murs et
n'ont pas traversé la moitié de l'Europe.
Après cette pause, nous nous réunissons tous pour un bain de mer. On
enfile pour ça le peignoir de bain ou on met le maillot de bain par
respect aux lois Françaises qui interdisent catégoriquement la
nudité (traduit texto par "la baignade de corps nus" mais je me
demande si cette traduction n'est pas erronnée). Cette tenue est
nécessaire durant au moins 400 à 500 mètres pour descendre jusqu'au
bord de la mer. Comme la plupart des jolis coins de baignade se
trouvent dans des petites anses fermées, on peut s'y ébattre
librement sans être dérangé. Pour la plupart d'entre nous, c'est le
premier bain de mer, et très vite on plonge dans l'élément liquide
d'une clarté de cristal. Et nous sentons très vite que l'eau cache
une bonne dose de sel. Les
yeux font mal, jusqu'à ce que nous soyons habitués à cette
nouveauté, et quand on en avale trop, ça donne soif. C'est pourquoi
nous devenons de véritables artistes de la natation car il n'est
plus nécessaire ici
de se fatiguer pour nager. L'eau très salée nous porte, quelle que
soit notre position. Pour nous, barbotteurs d'eau douce qui sommes
habitués à peiner pour nager, c'est une impression merveilleuse.
Nous faisons aussi connaissance de toutes sortes d'animaux marins,
des huitres, des coquillages variés, des oursins piquants et même
des petits poulpes. Nous aurions bien aimé aussi voir des requins
mais ils semblent avoir peur de nous autres Suisses et se cachent.
Après un premier bain, nous nous laissons sécher sur les rochers
chauds, par ce merveilleux soleil. Nous grimpons encore quelques
temps dans les rochers près de la plage et nous remontons dans notre
petit domaine. Ces bains de mer pratiqués 4 à 5 fois par jours sont
des merveilleux moments de détente et la couleur de notre peau
s'adapte remarquablement bien au climat. L'ambiance est très gaie et
nous avons sans doute beaucoup plus ri durant ce bref séjour que
dans les mois
précédents. C'est la meilleure preuve de l'effet remarquable de
notre séjour de vacances.
Souvent le soir, à la lueur de bougies ou de lampes à pétrole, on
danse et on chante ou bien, on échange des points de vue, des
opinions, en général très nombreuses et variées, comme chez nous. Il
y a aussi des entretiens entre quatres nationalités différentes et
ça donne l'impression qu'il faudrait que des liens d'amitiés plus
étroits se nouent entre les peuples. Au moment de l'adieu, il semble
d'ailleurs que des liens forts se soient créés.
Notre préoccupation quotidienne est presque toujours la même. On se
lève, on s'arrose avec l'eau d'une citerne, on mange, on s'équipe,
on fait la vaisselle, on se baigne, on joue, on fait des photos et
des
films, on prend encore quelques bains et on mange. On fait parfois
une promenade dans l'île, et aussi , on dort. Jour après jour, il
fait très chaud et il y a toujours un peu de vent, c'est bien
agréable. Ce soir, souvent, la fraicheur tombe. Ces nuits fraiches,
malgré le climat méridional, sont merveilleusement rafraichissantes
et sont un privilège de la petite île. De temps en temps, deux ou
trois de nos camarades nous quittent pour visiter Marseille de jour
ou de nuit. Forcément, ils reviennent avec plaisir pour évoquer dans
le calme les belles impressions qu'ils ont eu. Le samedi et le
dimanche aménent beaucoup de visiteurs. Ces deux jours, nous avons
l'occasion de faire la connaissance de charmantes personnes. Le
sentiment d'être une communauté dans l'esprit du naturisme nous
permet de nous sentir plus proches de nos amis Français que ça
n'aurait été possible dans la vie courante.
Les Français du Sud peuvent être pour nous un exemple sur beaucoup
de choses avec leur conception de la vie, légère mais cependant
sérieuse, et cela leur est bénéfique. S'ils maintiennent les liens
d'amitié qu'ils ont forgé avec les autorités, on pourra contempler
de nouveau ce merveilleux domaine. Il faut espérer que cette
autorisation provisoire pourra être transformée en un accord
pérenne. Car il y a beaucoup de choses à améliorer ici et seul cet
accord permettra les améliorations et installations nécessaires et
de plus leur garantira de continuer à l'utiliser. Mais même s'ils ne
parviennent pas à cet accord, ce devrait être possible d'établir une
organisation des travaux, d'améliorer toutes sortes de choses sans
gros frais, et de rendre le camp entier conforme à sa destination.
Mais le temps est passé vraiment trop vite et au neuvième jour, nous
nous préparons au départ. Nous avons prévu de consacrer encore une
journée à la visite de Marseille et du port de commerce. Avec des
sentiments mitigés, nous quittons l'île et cette fois-ci avec la
navette qui fait son service deux fois par jour. Nous parcourons à
pied la Canebière, la principale voie de circulation de Marseille et
tout particulièrement les lieux d'activité industrielle du Vieux
Port tenus par des étrangers. De plus, dans le vieux quartier,
subsiste
encore le trafic ancien et discret, avec des bistrots pour toutes
les races humaines, bordels, etc...Les marins des bateaux qui
arrivent ont l'occasion de dépenser la solde péniblement gagnée au
plus vite. Un
circuit en bateau dans le nouveau port de commerce nous donne
l'occasion de voir beaucoup de nouvelles constructions et
d'inhabituelles embarcations. Nous pouvons notamment voir un grand
paquebot ancré avec son équipage et le visiter dans tous ses
moindres recoins.
Tôt le lendemain matin, nous
replaçons notre matériel dans notre voiture. Joyeusement, le fanion
Suisse flotte sur le radiateur. Nous quittons la ville sous une
petite bruine, la première depuis notre séjour à Marseille, excepté
un bref orage nocturne. Alors que nous avons appris que pendant ce
temps là, dans notre chère Suisse, on s'était demandé si on ne
devait pas ressortir les manteaux d'hivers.
Un beau voyage, riche en changements nous mène rapidement vers le
nord et vers 18h, nous prenons nos quartiers à Annecy, sous une
pluie battante. Le lendemain, il fait plus beau et le lac de Genève
nous offre un rayon de soleil. Malheureusement, un de nos camarades
ne peut pas profiter des charmes du voyage, le long du lac de
Genève. Il s'est effondré en larmes dans son coin. Des vaches
paissants ont exacerbé son sentiment patriotique.
De toute l'Europe, il y a sans doute pas de région mieux adaptée au
naturisme que le sud de la France car plus que nul part ailleurs, il
fait presque toujours beau avec de bonnes conditions et ceci du
printemps à l'automne. Nous souhaitons à nos camarades Français,
dans leur contrat en faveur du naturisme, un succés rapide et total.
L'esprit progressiste de leur pays tout entier ne les contrariera
pas, le mouvement tout entier sera reçu avec tant d'amour et d'energue
qu'ensuite viendra la considération. Pour les belles heures qu'ils
nous ont offertes, ici, nous les remercions affectueusement.
(Traduit par une ancienne prof d'Allemand à la retraite rencontrée
par hasard dans le métro - Bruno Suarez - "Vivre Nu") |