|
En avril, on ne se découvre pas d’un fil ? Le printemps a pris des
allures estivales, ces derniers jours. Et samedi, à Espins, au sud
de Caen, se tenait l’assemblée générale… de la Fédération Française
de Naturisme (FFN) ! Le Caennais, Jean-Pierre Deschamps, adepte
depuis 30 ans des vacances tout nu, donne «
trois bonnes raisons », pour convertir « les textiles ».
• Ne faire plus qu’un avec la nature
« Se baigner nu. Avez-vous déjà eu l’occasion ? C’est indéfinissable
! », explique Jean-Pierre, les yeux pétillants. Toutes les choses
que le commun des textiles fait habillé, eux le font nu, entièrement
nu. Mais les naturistes ne sont pas des nudistes, leur pratique est
d’abord encadrée légalement et ils sont attachés à véhiculer des
valeurs écologiques. Ainsi, vous verrez rarement dans un club
naturiste, papier par terre ou autres comportements néfastes pour la
planète. C’est en costume d’Adam et d’Ève que chacun vient retrouver
un bout du paradis perdu, loin de l’agitation de la « vile » ville.
Visuelle ou auditive, toute pollution y est bannie.
« Nu, les complexes tombent »
• Apprendre à vivre en communauté
Les nouvelles technologies n’ont pas le droit de cité.
Téléphones portables ou télévisions sont à utiliser le plus
discrètement possible. « On ne cherche pas à être coupés du monde,
mais simplement à être tranquilles, sans sonnerie de portable, par
exemple », poursuit le Caennais, administrateur de la Fédération
Française de Naturisme. Sous ses airs de camping traditionnel, le
camp naturiste « Nature et Soleil de Normandie », situé à
Saint-Laurent-de- Condel, à une vingtaine de kilomètres au sud de
Caen, ressemble en réalité à « une grande famille » où chacun
apprend à se connaître. On laisse tomber les vêtements à l’entrée,
ou « quand on s’y sent prêt », et il en va de même pour les
hiérarchies sociales. Se côtoient et se tutoient dans le plus simple
appareil, patrons et employés, aisés et moins aisés. « Les rapports,
quand on est nu, sont tout à fait différents », insiste Jean-Pierre,
conducteur de bus, à Caen. Pourtant, si les corps sont nus, ils
semblent être mis entre parenthèses : « Ici on se regarde, mais on
ne se voit pas ! », insiste-t-il.
• S’accepter soi-même
« Réussir à dépasser les codes sociaux et moraux fixés dès le plus
jeune âge n’est pas chose aisée, confie Jean-Pierre : « le premier
quart d’heure est difficile, mais cela vient naturellement après ».
Les barrières semblent franchies lorsque l’on se dévêt, ainsi,
contrairement à ce que l’on pourrait penser, tous s’accordent pour
conclure que « nu, les complexes tombent ». Si les bienfaits sont
mesurables sur le psychisme, ce serait aussi le cas sur le corps. À
l’instar de sa doyenne, Christiane Lecocq, 100 ans, le naturisme
permettrait de « vivre mieux et longtemps » et améliorerait la
thermorégulation, ce mécanisme naturel qui maintient constante la
température de notre corps…
• Où pratiquer le naturisme ?
Au camp de « Nature et soleil de Normandie », au
bois de l’Echelette, à Saint Laurent- de-Condel, à une vingtaine de
kilomètres au sud de Caen. Le premier weekend est offert. Tél. 02 31
97 48 50. Site internet : www.normandie-naturisme.org, cliquez
ici
À la plage de Merville-Franceville, entre Caen et Cabourg. La
pratique du naturisme y est tolérée dans les dunes. Renseignements
auprès de « Plage Soleil Nat » 133, rue des Bains, à Houlgate. Tél.
06 81 81 51 43. Courriel : plasolnat@free.fr.
À la plage de Saint-Germain-sur-Ay, à
côté de Lessay, entre Coutances et Cherbourg, dans la Manche.
Renseignements au 02 33 94 38 72 ou au 02 33 46 50 82. Courriel :
naturisme. st-germain@wanadoo.fr
• La Fédération française de naturisme compte 34 800 licenciés. La
France est la première destination naturiste mondiale. Ce sont près
de 2 millions de personnes qui vivent le naturisme en France chaque
été. 600 000 Français pratiquent le naturisme. Et 11 millions se
disent prêts à tenter l’expérience.
 (11/04/2011) |