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Les artistes nus se sont retrouvé au milieu des opposants à la
réforme des retraites. Quinze artistes et citoyens ont défilé nus,
hier 30 octobre, à 15 h, rue Nationale. La “ performance ” tendait à
dénoncer la baisse des moyens alloués à la création. Ils ont osé
défiler nus, ce samedi, rue Nationale. Certes, la météo était
clémente, avec 15 °C et un soleil radieux. Il leur a néanmoins fallu
du courage pour ôter leurs vêtements devant un public tout aussi
surpris que gêné. C’était hier, à 15 h, place Anatole-France.
Dans le plus simple appareil, une quinzaine d’artistes de la
Fédération des arts de la rue et quelques citoyens ont progressé
vers la mairie, sans jamais prononcer un mot. Ce qui n’était pas
pour alléger l’atmosphère : c’est dans un silence quasi-mystique que
s’est agglutiné un public de badauds et de photographes.
Interloqués, de nouveaux passants se sont
agglomérés, ont interrogé les premiers, ont voulu éloigner les
enfants… Avant de se raviser à mesure que la peinture rendait plus
convenable et même jolie la confrontation à la nudité.
Sûr qu’ils s’en souviendront de cette quatrième Journée nationale
des arts de la rue et du culot de ces artistes qui craignaient – à
tort puisqu’elles furent minimes – les réactions hostiles. « Tous à
poil comme la création artistique ! », ont expliqué ces derniers,
dénonçant la baisse des moyens alloués et la précarisation de leur
profession.
Tout en rendant hommage, sur la forme, au metteur en scène Jérôme
Savary qui, en 1971, avait lancé ce mouvement de « streaking » –
action de se mettre nu dans un lieu public – en réaction au combat
du maire Jean Royer contre les films et les affiches
pornographiques. Vers 16 h, la manifestation a rejoint celle qui
débutait contre la réforme des retraites. L’improbable mélange est
resté bon enfant.
Voir également la vidéo sur
http://www.lanouvellerepublique.fr
Cécile Lascève
la Nouvelle République 31/10/2010 |